lundi 18 décembre 2017
Accueil / Actualités / En raison de ses liens supposés avec daesh: Lafarge visé par une enquête judiciaire
LafargeHolcim--

En raison de ses liens supposés avec daesh: Lafarge visé par une enquête judiciaire

Visé par une plainte de Bercy, le géant français du ciment Lafarge fait l’objet d’une enquête à Paris sur ses activités en Syrie en pleine guerre, en dépit d’une série d’interdictions dans ce pays édictées par l’Union européenne.

La cimenterie de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, sous la responsabilité d’une filiale locale de Lafarge, avait déjà fait polémique quand Le Monde avait révélé en juin de possibles arrangements sur place avec l’organisation État islamique (EI) en 2013 et 2014 pour faire fonctionner ce site, un investissement phare du groupe dans la région. Le quotidien citait des responsables de la filiale, Lafarge Cement Syria, eux-mêmes en contact avec la maison-mère à Paris.

La plainte du ministère de l’Économie porte elle notamment sur une interdiction d’acheter du pétrole en Syrie, édictée par l’Union européenne en 2012 dans le cadre d’une série de sanctions contre le régime de Bachar al-Assad, a expliqué une source proche du dossier à l’AFP. Elle vise aussi l’interdiction de toute relation avec « les organisations terroristes présentes en Syrie », a ajouté la source.

Cette plainte, confirmée par Bercy, a été déposée fin septembre. Elle a conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire en octobre et à saisir le Service national de douane judiciaire (SNDJ), a indiqué une source judiciaire. Les infractions liées à ces restrictions sont prévues par le code des douanes et peuvent être punies d’une peine allant jusqu’à cinq ans de prison et d’une amende. De son côté, l’ONG Sherpa, qui défend les victimes de « crimes économiques », a déposé une plainte avec constitution de partie civile en novembre, en s’appuyant sur des témoignages d’anciens employés de l’usine. Cette plainte pour obtenir l’ouverture d’une enquête menée par un juge d’instruction visait plus largement des faits de financement du terrorisme, complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, mise en danger délibéré d’autrui, exploitation du travail d’autrui et négligence.